Consulat et empire
INTRODUCTION: Napoléon, un personnage controversé
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L’ordre de la Légion d’honneur en 1802
Première distribution des croix de la Légion d’honneur en l’église des Invalides le 15 juillet 1804 © RMN-Grand Palais (musée national du Château de Versailles)

Sous la Révolution française (1789-1799), les décorations nationales sont interdites, mais Napoléon décide de les rétablir. Il crée la Légion d’honneur le 19 mai 1802 (le 29 floréal An X dans le calendrier républicain) pour récompenser les exploits militaires mais aussi civils.

Plusieurs civils reçoivent une décoration de la Légion d’honneur sous le Premier Empire, des artistes, des entrepreneurs. Mais le mineur Hubert Goffin est le premier ouvrier à avoir été décoré de la Légion d’honneur, pour acte de bravoure, le dimanche 22 mars 1812 , à Liège (à l’époque, cette ville de Belgique se trouve dans un département français, l’Ourthe). Le décret de nomination a été signé par Napoléon Ier le 12 mars.
Quelques jours plus tôt, le vendredi 28 février 1812, Goffin travaillait au fond d’une mine près de Liège avec son jeune fils Mathieu, âgé de 12 ans, et une centaine d’ouvriers. La mine fut soudain envahie par un courant d’eau. Sans céder à la panique, Goffin organisa en premier lieu la remontée des hommes à la surface en utilisant le panier servant à transporter les morceaux de houille. Mais l’eau se faisait de plus en plus menaçante et le retour des hommes à la surface n’était pas assez rapide. Plusieurs mineurs périrent noyés. Goffin décida alors d’entraîner les 69 ouvriers restant, dans une zone plus élevée, à l’abri de l’eau. Puis il entreprit de faire creuser un couloir afin de rejoindre les secours qui s’organisaient à la surface. Le 4 mars, les hommes retrouvèrent l’air libre, sains et saufs.
(source: Napoleon.org)
 
Document 4: Constitution de l'an VIII et de l'an XII
Sous l'Empire, Napoléon Bonaparte devient Empereur et les deux consuls associés sont supprimés. Mais le principe de la constitution n'est pas remis en cause.
 
Le concordat de 1801
Le concordat redéfinit les relations entre l'Église catholique et la France dans les années qui suivent la Révolution.

Il est constitué d’une convention diplomatique, signée en 1801 entre le Premier consul Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII, et de modalités d’application, définies unilatéralement par Bonaparte, appelées « articles organiques ». Ils instaurent un régime de « cultes reconnus », dotés d’un statut de service public. Ils bénéficient de fonds publics et le paiement des ministres du culte est imputé au budget de l’État. Jouissant d’un statut de droit public, ces cultes disposent de l’autorité et des moyens de l’État pour propager leur foi.

Ces modalités sont élargies aux protestants (réformés et luthériens) puis aux juifs en 1808.
 

Document 2: Le code civil (21 mars 1804)

Quand la Révolution éclate, la France est régie par des lois différentes selon les régions – c'est ce qu'on appelle le droit coutumier. Depuis les années 1780, les responsables politiques souhaitent doter la France d'un code unifié, c'est‑à‑dire d'un ensemble de lois écrites et organisées. Mais le travail de codification se révèle lent et difficile : il n'est réellement achevé que sous l'Empire, avec la stabilisation de la situation intérieure. En 1804, Napoléon Bonaparte promulgue le Code civil et l'impose en France et le diffuse en Europe.

Grands principes:
1°) Égalité de tous les citoyens devant la loi. Tout Français devait jouir des droits civils, sauf à en être privé pour des motifs légaux.
2°) La non-confessionnalité de l’État, point de départ de la laïcité française. Les actes d’état-civil étaient désormais établis par des agents publics et non plus par les paroisses
3°) L’organisation de la famille était hiérarchisée, avec le mari ou le père au sommet
4°) Le droit de propriété était déclaré « absolu »

Extraits
8. Tout Français jouira des droits civils.
9. Tout individu né en France d’un étranger, pourra, dans l’année qui suivra l’époque de sa majorité, réclamer la qualité de Français ;
10. Tout enfant né d’un Français en pays étranger, est Français.

213.
Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari. 214. La femme est obligée d’habiter avec le mari, et de le suivre par-tout où il juge à propos de résider : le mari est obligé de la recevoir, et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie, selon ses facultés et son état.
215. La femme ne peut ester en jugement (cad: faire appel à la justice) sans l’autorisation de son mari, quand même elle serait marchande publique, ou non commune, ou séparée de biens.

537. Les particuliers ont la libre disposition des biens qui leur appartiennent, sous les modifications établies par les lois.
544. La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les réglemens.
546. La propriété d’une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne droit sur tout ce qu’elle produit, et sur ce qui s’y unit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement. Ce droit s’appelle droit d’accession.

1781. (Du Louage des Domestiques et Ouvriers.) Le maître est cru sur son affirmation, Pour la quotité des gages ; Pour le paiement du salaire de l’année échue ; Et pour les à-comptes donnés pour l’année courante.


La création du Franc Germinal
Pièce d'un franc créée par la loi du 7 germinal an XI, qui met fin à l'anarchie monétaire héritée de la Révolution (assignats dévalués, monnaies d'Ancien Régime encore en circulation). Le franc germinal reste stable jusqu'en 1914.